Sainte Christine

Fête de la sainte Christine

 

 

QUELLE CHRISTINE FÊTONS-NOUS  A SOLLIES-PONT ?

 

  Sainte Christine de Rome ne doit pas être confondue avec deux autres saintes du même nom, Christine de Tyr, célébrée en Orient, et qui a été victime à 14 ans des persécutions de l’empereur Dioclétien vers 300, a subi de terribles supplices en gardant le sourire, avant d’avoir le cœur transpercé par une lance. Et Christine l’admirable, une mystique du XIIIème siècle dont les expériences sont « admirables » et incroyables bien que rapportées par un sage chroniqueur, le cardinal Jacques de Vitry.

 

Christine était une enfant de dix ans; cependant il ne fallut pas moins de trois tyrans successifs pour la faire mourir, car les deux premiers furent victimes de leur cruauté. Elle devait périr sous les flèches, puis attachée à une roue, puis mordue par des serpents. C’est finalement une meule attachée à son cou qui l’a entraînée au fond de l’eau. Elle avait pour père un gouverneur romain, nommé Urbain, très attaché au culte des faux dieux. Christine, inspirée d'en haut, après avoir ouvert les yeux à la vraie foi, enleva toutes les idoles d'or et d'argent que son père adorait dans sa maison, les mit en pièces et les donna en aumône à de pauvres chrétiens. A cette nouvelle, la colère de son père ne connut pas de bornes; elle fut souffletée, fouettée, déchirée avec des griffes de fer. Au milieu de ces tortures, l'héroïque enfant conservait la paix de son âme et ramassait les morceaux de sa chair pour les présenter à son père dénaturé. Le supplice de la roue et celui du feu lui furent inoffensifs. Un ange vint ensuite dans la prison de Christine guérir ses plaies. Son père tenta un dernier effort; il la fit jeter dans le lac voisin avec une pierre au cou, mais un Ange la conduisit saine et sauve au rivage. Ce nouveau prodige irrita tellement le père barbare, que, le lendemain, on le trouva mort dans son lit. Un nouveau gouverneur fut l'héritier de sa cruauté; il fit coucher Christine dans un bassin d'huile bouillante mêlée de poix; mais elle fit le signe de la Croix sur elle et ne ressentit pas les atteintes de ce supplice. Après de nouvelles tortures, on la conduisit dans le temple d'Apollon; dès qu'elle y entra, l'idole se brisa en pièces, et le tyran tomba raide mort. Sur le coup, trois mille infidèles se convertirent à la vraie foi. La courageuse martyre dut être présentée devant un troisième juge, qui eut à coeur de venger la honte et la mort de ses deux prédécesseurs. Il fit jeter la jeune martyre dans une fournaise ardente, où elle resta cinq jours sans en rien souffrir. Les bourreaux, à bout d'expédiant, la laissèrent en prison au milieu d'une quantité de vipères que ne lui firent aucun mal. On lui coupa la langue sans qu'elle perdît l'usage de la parole. Enfin, attachée à un poteau, elle fut percée de flèches. Son tombeau fut retrouvé à Bolsena, ville italienne du sud  de la Toscane, en 1880. 

 

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

 

 

LA CHAPELLE SAINTE CHRISTINE

C'est la chapelle de l'ermitage de Sainte Christine dont l'origine remonterait au XIème siècle. Selon la légende, Pierre Irinée, prince d'Achale fit voeu d'ériger une chapelle à la sainte s'il échappait à un naufrage qu'il considérait comme inéluctable. Son vœu fut exaucé et il fit édifier ce sanctuaire en l'an 1041.
Les innombrables restaurations et agrandissements de cette chapelle nous l'ont léguée sans style bien défini, du moins conserve-t-elle son orientation vers l'est qui confirme l'ancienneté de sa fondation : porte en plein cintre, clocher élancé, bâtiments de l'ermitage et abri pour les pèlerins. Les quelques ex-votos échappés aux divers pillages et destructions méritent une mention particulière : ils s'échelonnent dans le temps depuis la fin du XVIIIème siècle jusqu'au début de XXème, les plus nombreux d'entre eux ont été peints par le Solliès-Pontois Nicolas Hilarion Allègre entre 1840 et 1860.

Le chemin vers Sainte-Christine est jalonné d'oratoires.

 La chapelle qui la jouxte - séparée par un étroit couloir - a été édifiée au XVIIème siècle sur le terroir de Cuers : c’est un témoignage des anciennes disputes entre les deux villages.

(source site ville de Solliès-Pont)